Programme « La voix des subalternes »

Chef de projet : Claire VINCHANT

Claire 2015
CV Claire Vinchant

Diplômée d’un Master 2 en droit international à Paris 1 où elle a rédigé un mémoire sur le droit à l’autodétermination des peuples lors du printemps arabe. Ancienne stagiaire du Secours catholique-Caritas France, sur le plaidoyer pour l’Egypte et la Palestine, elle a également effectué un an de mission VSI au Vietnam, pour une ONG œuvrant en faveur de l’éducation des plus pauvres.  Actuellement basée à Paris, elle travaille au sein du monde associatif international, en tant que chargée de projets de développement.

En partenariat avec Rémi Bachand

Rémi BACHAND, Canadien, est docteur en droit (Université Paris I – Panthéon-Sorbonne) et a également une formation en science politique. Il est professeur au Département des sciences juridiques de l’Université de Québec à Montréal au Canada et membre du Centre d’études sur le droit international et la mondialisation de la même université. Ses champs de spécialisation sont le droit international économique et les théories du droit international. Il s’intéresse particulièrement aux approches critiques du droit international et plus particulièrement en ce moment aux Subaltern Studies.

 Page personnelle de Rémi Bachand

 

Le projet voix des subalternes

Le concept de subalternes, bien que d’abord utilisé par Antonio Gramsci, a été réapproprié dans les années 1980 par un collectif de recherche influencé par les études postcoloniales et qu’on allait appeler le Subaltern Studies Group. Si le groupe avait des visées bien précises quant à son objectif et la délimitation géographique de la recherche (il s’agissait de réécrire l’histoire de l’Inde et des sociétés d’Asie du Sud-est à partir du vécu des subalternes plutôt que de la « bibliothèque coloniale »), il nous semble que le concept de subalternes pourrait fort bien être à nouveau réapproprié par des juristes internationalistes afin de comprendre l’impact, autant positif que négatif, que peut avoir le droit international sur le vécu de ceux qui sont sur le mauvais côté des principales structures de domination et d’exploitation des sociétés contemporaines. C’est donc l’étude de cet impact qui sera au centre du présent projet.

Ce projet utilisera donc le concept de subalternes pour décrire ceux et celles qui sont dans une position d’exploités ou de dominés quant à quatre systèmes de rapports sociaux qui, lorsqu’on les interprète largement, nous semblent être les principaux des sociétés contemporaines. Ces quatre systèmes sont le racisme (définissant les rapports de « races »), le capitalisme (les rapports de classes), le patriarcat (les rapports de genre et de sexe) et l’impérialisme (les rapports entre l’Occident et le Tiers-monde).

Le projet consiste donc à charger des « chefs et cheffes de projets » de partout dans le monde d’aller à la rencontre de ces subalternes et de leur donner la parole afin d’identifier de quelle manière le droit international encadre et favorise les structures qui les oppriment tout autant que leur donne des outils de résistance et d’émancipation. Un tel projet, on s’en rend compte, exige une rupture avec le paradigme dominant du champ international sur au moins deux facettes, à savoir la méthodologie et l’épistémologie.

Sur le plan méthodologique d’abord, ce projet partira d’une renversement de la méthode traditionnelle (qui consiste généralement à identifier une problématique reliée à un régime juridique, puis d’en constater les effets sur une population ciblée), c’est-à-dire que ses chercheurs et chercheures qui rencontreront les subalternes chercheront, sans a priori, à voir quels sont les principaux régimes et les principales règles de droit international qui ont un impact sur leur vécu.

Une rupture sera également faite vis-à-vis du positivisme épistémologique et c’est plutôt à partir d’une posture réflexive que ce projet sera mené. Concrètement, plutôt que de chercher à découvrir « une vérité », c’est-à-dire des relations de causes à effets entre les règles et les différents rapports sociaux qui structurent leur vécu, il s’agira de décrire la façon dont les subalternes interprètent et vivent ces structures sociales et de relier ces interprétations et ce vécu avec le droit international.

Présentation des participants du projet dans l’ordre alphabétique

LAbarahLine ABARAH, Franco Syrienne, est juriste internationaliste. Elle a rédigé un mémoire en droit international sur la question des « enfants otages d’un conflit syrien aux frontières imprécises ». Elle suit le conflit avec horreur grâce aux témoignages de sa famille restée à Homs.

AbrahamiAdva ABRAHAMI, Française d’origine israélienne, a un Master 2 affaires internationales à Paris 11. Elle porte un vif intérêt pour Israël, pays hébergeant une grande partie de sa famille et dont elle a foulé la terre un nombre incalculable de fois. Affectée par le conflit israélo-palestinien, elle l’est aussi par la question très récente et non médiatisée de l’immigration en Israël (concernant particulièrement les réfugiés africains). Actuellement, elle est élève avocate au sein de la Haute École des Avocats Conseils, rattachée au barreau de Versailles.

Baghdadi

Thibaud BAGHDADI, Français d’origine iranienne, a obtenu un Master 2 recherche en droit international public à la Sorbonne, où il a fait un mémoire sur la situation des droits de l’homme en Iran. Actuellement élève-avocat à l’Ecole de formation du Barreau de Paris, il s’efforce de dénoncer le traitement discriminatoire et les persécutions dont font l’objet ses coreligionnaires baha’is en Iran au travers, notamment, de l’organisation de conférences publiques à Paris.

BaNdiour

Fatou BA NDIOUR, Sénégalaise, est juriste internationaliste. Ayant effectué ses études supérieures en France, elle est diplômée d’un Master 2 en droit international à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle est particulièrement intéressée par les questions liées au développement, aux droits de l’Homme mais surtout aux droits des femmes. De retour au Sénégal, elle y travaille actuellement comme chargée d’un projet relatif aux questions de transparence et de bonne gouvernance.

Betancur

Laura BETANCUR, Colombienne, a fait un double cursus en droit et philosophie à l’Universidad de Los Andes (Bogota), un DSU en droit international public à Paris 2 et un DEA en droit international et organisations internationales à Paris 1. Elle a travaillé pour des ONG internationales des droits humains. Elle est actuellement doctorante à l’École de droit de Los Andes. Un aperçu de ses publications

DuliereHombeline DULIERE, Française, est diplômée en « Droit et Action Humanitaires ». Employée depuis 2012 à Caritas Liban – Centre des Migrants, elle œuvre en faveur de l’assistance aux réfugiés de Syrie et pour la lutte contre la traite des êtres humains.

KikiLydie KIKI NEME, Ivoirienne, est docteure en droit international. Sa Thèse: « Les organisations internationales dans le règlement des conflits en Afrique de l’ouest« , obtenue avec Mention très honorable, a été effectuée en cotutelle entre les universités de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et celle de Cocody-Abidjan. Elle est actuellement assistante chargée de TD à l’Université Péléforo GON COULIBALY de Korhogo (Côte d’Ivoire).

Konstantis2Sotiris KONSTANTIS, Grec, est doctorant en droit international à Paris-Nanterre sur le thème de « L’amollissement de la responsabilité internationale de l’Etat ». Engagé dans le milieu associatif pour l’aide aux migrants, il a été récemment volontaire en Grèce afin d’enseigner le grec aux immigrants et réfugiés. Il a également effectué un stage de recherche sur le droit des réfugiés et de l’immigration auprès du Bureau du médiateur de la République Hellénique.

KridisNoura KRIDIS, Tunisienne, est docteure en droit public (internationaliste). Elle enseigne à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et professe des cours de droit des  conflits armés, droits humains et sociologie juridique. Elle dirige une publication « Base de données en droit public » portant sur des thématiques spéciales, avec la  participation des étudiants de mastère et doctorants, notamment sur les révolutions arabes. Elle s’intéresse notamment à la situation des femmes dans le monde arabe.

RakotonMamy RAKOTONDRAINIBE, Malgache, est très engagée dans la défense des droits à Madagascar. Elle est notamment présidente du collectif pour la défense des terres malgaches : TANY.

Petit interview de Mamy

SaldanhaLuiza SALDANHA PENA COSTA est Brésilienne naturalisée Française depuis 2014. Elle est diplômée d’un Master 2 en droit international à l’Université Panthéon-Sorbonne Paris 1. Après avoir effectué plusieurs stages à l’ONU (ONUDC, ONUDI, et UNESCO), elle est désormais élève-avocate à l’EFB (Ecole de formation du Barreau) rattachée au barreau de Paris.

TreuveyEtienne TREUVEY, Français, est doctorant en droit international à l’Université Paris 1, diplômé d’un master en droit international à l’Université Paris 1 et d’un master en droit international humanitaire à l’Université Aix-Marseille III. Il a travaillé au sein de l’ONG France Terre d’Asile, et s’intéresse aux questions relatives aux droits de l’homme, à la justice sociale et aux études post-coloniales.